Guide pratique

Il ne retenait pas les lettres, mais retenait toutes ses histoires : mon declic

Témoignage · Lucia, maman d’Alan, 4 ans

Alan est en moyenne section. Depuis la rentrée, on essaie, ensemble, d’apprendre les lettres de l’alphabet. Et depuis la rentrée, ça coince.

Pas parce qu’il ne fait pas d’efforts. Pas parce qu’il n’est pas intéressé. Mais parce que je voyais bien qu’il ne retenait pas grand chose de ce qu’on faisait ensemble. Il pouvait réciter la comptine de l’alphabet presque en entier, comme beaucoup d’enfants de son âge. Mais dès qu’on isolait une lettre, hors de la comptine, il était perdu. Il ne savait pas la reconnaître seule. Il ne faisait pas vraiment le lien entre le son qu’elle fait, sa forme, et le fait qu’on puisse l’écrire.

Et ça, ça me dérangeait plus que le fait qu’il n’aille pas assez vite. Je ne voulais pas qu’il sache réciter une chanson sans comprendre ce qu’il y a derrière. Pour moi, ce n’était pas ça, savoir ses lettres.

Le paradoxe qui m’a mise sur la piste

En même temps, quelque chose me sautait aux yeux, et ça me rendait le blocage encore plus mystérieux. Alan a une mémoire impressionnante pour les histoires. Je lui lis un livre deux ou trois fois, et il le récite presque mot pour mot, avec le vocabulaire exact, même quand les mots sont compliqués pour son âge. Il se souvient de détails que j’avais moi-même oubliés. Il fait des liens entre des histoires lues des semaines auparavant.

Comment un enfant capable de retenir des pages entières de texte pouvait-il avoir tant de mal avec 26 petits symboles ? La question m’a occupée un moment. Et puis j’ai fini par me dire : et si, au lieu de forcer les lettres à rentrer par la répétition sèche, je les faisais entrer par la porte qu’il maîtrisait déjà, celle des histoires ?

Ce que j’ai essayé

J’ai commencé à écrire de petites histoires, une par lettre. Rien de savant : des personnages simples, des situations que les enfants aiment, et une lettre qui revient tout au long du récit, dans le nom du personnage, dans les objets de l’histoire, à l’oral et à l’écrit sur chaque page. On les lit ensemble le soir, comme n’importe quel livre du coucher, sans que ça ressemble à un exercice.

Le premier, c’est Achille et l’anneau d’or, pour la lettre A.

Ce que j’ai remarqué assez vite, c’est qu’Alan se prêtait facilement au jeu. Il redemandait l’histoire, spontanément. Et surtout : les lettres pour lesquelles on avait lu une histoire, il les reconnaissait bien mieux que les autres. Pas parfaitement, pas du jour au lendemain, mais clairement mieux.

Je ne sais pas si ça fonctionnera pour tous les enfants de la même façon. Chaque enfant a ses propres forces. Mais si le vôtre est comme Alan, capable de retenir une histoire entière sans effort apparent tout en butant sur des lettres isolées, cette approche vaut peut-être le détour chez vous aussi.

Achille et l’anneau d’or, la lettre A

La première histoire de la série, à télécharger gratuitement. En vous inscrivant, vous recevrez ensuite une nouvelle lettre chaque semaine, avec sa propre histoire à lire le soir.



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Lucia, maman d’Alan, 4 ans